Les trottinettes électriques ont littéralement conquis nos villes au cours des deux dernières années avec une forte croissance de 76 %. De même pour les services de VTC comme Uber ou Kapten qui font désormais partie intégrante des moyens de transport.

Face à ces opportunités, de plus en plus de nouveaux acteurs arrivent sur le marché et proposent des solutions de mobilité prometteuses. Des études menées à Oslo et à Lisbonne ont déjà examiné comment les véhicules autonomes et la mobilité en tant que service vont changer l’avenir de nos villes. Une autre étude réalisée par le ministère des transports et des infrastructures numériques allemand répond à la question dans quelle mesure ces nouveaux moyens de transport sont respectueux de l’environnement. Peuvent-ils contribuer à une mobilité durable à l’avenir ? PTV Group a participé au projet avec l’Institut Fraunhofer pour la recherche sur les systèmes et l’innovation ISI et la société de conseil M-Five.

« Cette étude est l’une des premières à traiter en profondeur le transfert modal et les effets environnementaux des nouveaux concepts de mobilité pour le transport de personnes », explique Rimbert Schürmann, Consultant Transport chez PTV, qui était responsable du projet. « Notre objectif était de découvrir comment de nouveaux services de mobilité se développeront en interaction avec les modes de transport conventionnels comme les transports publics et les véhicules particuliers, d’ici 2030 et 2050 ».

Tout d’abord, les scientifiques ont réalisé une analyse complète des offres de mobilité actuelles et de la demande pour celles-ci. Ils ont ainsi pu observer les différents facteurs qui incitent les personnes à changer leur comportement en matière de mobilité.

« Les habitudes influent fortement sur le choix du mode de transport et sont difficiles à changer. C’est pourquoi nous nous sommes penchés sur les facteurs d’adoption et de réticence », explique Jakub Ritschny, également consultant Transport chez PTV. « Ce qui encourage les personnes à utiliser de nouveaux modes de transport (adoption). Et quels sont les facteurs qui les poussent à ne pas utiliser les moyens existants (réticence) ».

Exemples de modélisations de scénarios intégrant les nouveaux modes de transport

Sur la base de ces analyses, les chercheurs ont simulé deux scénarios possibles de mobilité durable dans le futur.

Scénario A, une « Évolution prudente de la mobilité »

Pour ce scénario, on suppose qu’il n’y aurait pas de changement au niveau des moyens de transport. Le gouvernement serait plus flexible concernant la législation des services de transport à la demande, des applications de VTC et d’autres nouveaux modes de transport. Mais la politique des transports et le choix du mode de transport ne changeront que modérément dans les années à venir.

Scénario B, une « Évolution importante de la mobilité »

Dans ce scénario, nous adoptons une approche holistique, intégrée et donc durable. Le gouvernement encouragerait les transports publics locaux ainsi que le vélo et la marche à pied.

Les chercheurs ont appliqué ces scénarios sur quatre modèles de ville différents : De la grande ville aux zones urbaines et rurales, en passant par les zones rurales peu peuplées.

« Nous avons simulé différents scénarios de mobilité durable avec le logiciel PTV », déclare Jakub Ritschny. Néanmoins, plusieurs questions se posent : « Quelle est l’efficacité des applications de VTC et des services de transport à la demande dans les différentes zones ? Comment le kilométrage, c’est-à-dire le nombre total de kilomètres parcourus par tous les moyens de transport, évolue-t-il ? Y a-t-il un changement dans l’utilisation des véhicules ? »

Une approche holistique pour un futur durable

Pour répondre à ces questions, les chercheurs ont comparé les simulations de scénarios avec un scénario intégrant toutes les directives liées aux transports mises en œuvre par le gouvernement allemand avant 2017.

Dans le scénario A, « Évolution prudente de la mobilité », les nouvelles offres de mobilité représenteraient 5 % des services de transport d’ici 2030. En 2050, cela passe à environ 9 %. Les nouveaux services de mobilité améliorés créeront dans un premier temps de nouvelles alternatives augmentant la mobilité de l’ensemble de la population. Ainsi, le kilométrage, c’est-à-dire le nombre total de kilomètres parcourus avec tous les moyens de transport, augmenterait de 1,2 % d’ici 2030. Malgré ce trafic supplémentaire, les nouvelles offres de mobilité peuvent contribuer à la réduction de 1,8% des émissions de gaz à effet de serre.

Les résultats sont encore plus prometteurs pour le scénario B, « Évolution importante de la mobilité ». Les nouveaux modes de mobilité représenteraient 11 % des services de transport en 2030 et augmenteront de près de 17 % en 2050. Pour le kilométrage, il diminuera de 8 % d’ici 2030. De même, le pourcentage d’utilisation des véhicules particuliers dans les zones urbaines diminuera de près de 14 %. Les effets environnementaux sont encore plus favorables que dans le scénario A, les émissions de CO2 étant réduites de 13 %.

« Cela montre clairement que les nouveaux concepts de mobilité doivent être considérés de manière globale », déclare Rimbert Schürmann. « Il ne s’agit pas seulement de promouvoir les nouvelles offres de mobilité. Les transports conventionnels, non motorisés et publics doivent être renforcés et reliés aux nouvelles offres de mobilité. De la même manière, l’utilisation des véhicules particuliers doivent être réduite ».

Rendre la mobilité plus écologique

Découvrez comment votre ville peut faire la transition vers une mobilité durable.

À propos de l’auteur

Les formes de mobilité durable comme le vélo, la conduite autonome, la sécurité routière et les stratégies pour le dernier kilomètre : Steffi est fascinée par la variété des sujets que la mobilité peut offrir. Elle est toujours à la recherche de nouvelles histoires passionnantes à écrire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Nom